Vaccination pédiatrique : des progrès mondiaux, mais des inégalités persistantes
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Cette étude analyse l’évolution mondiale du poids de huit maladies évitables par la vaccination chez les enfants et adolescents âgés de 0 à 19 ans, entre 1990 et 2021.
Les auteurs se sont appuyés sur les données du Global Burden of Disease 2021, couvrant 204 pays, et ont étudié l’incidence et les années de vie ajustées sur l’incapacité (DALYs) selon l’âge, le sexe et le niveau de développement socio-économique.
Les huit maladies retenues étaient les hépatites A, B et E, la varicelle et le zona, la coqueluche, la fièvre typhoïde, la rougeole et les méningites.

Entre 1990 et 2021, l’incidence globale de ces maladies et leur impact en termes de DALYs ont nettement diminué, avec une baisse annuelle moyenne estimée respectivement à 2,67 % et 3,15 %. Malgré cette amélioration, environ 231 millions de nouveaux cas étaient encore estimés en 2021, soit une incidence de 8 780 cas pour 100 000 habitants de moins de 20 ans.
Cette évolution favorable n’était cependant pas homogène. L’hépatite E constituait une exception, avec une augmentation de son poids en DALYs au cours de la période, particulièrement chez les garçons et les nourrissons. Les garçons présentaient par ailleurs globalement une incidence plus élevée pour la majorité des maladies étudiées, tandis que le poids des maladies évitables par la vaccination restait principalement concentré chez les enfants de moins de 10 ans.
D’importantes inégalités géographiques et socio-économiques persistaient également : les régions ayant un faible indice sociodémographique supportaient généralement le poids le plus important, à l’exception de la varicelle et du zona. La période de la pandémie de COVID-19 a en outre été associée à des perturbations des programmes de vaccination et à une reprise de l’incidence de certaines infections dans des groupes d’âge spécifiques. L’interprétation de ces résultats doit tenir compte du recours à des estimations modélisées du GBD, notamment dans les régions disposant de systèmes de surveillance moins performants, avec un risque de sous-déclaration. Le caractère écologique de l’analyse ne permet pas non plus d’établir directement un lien causal entre couverture vaccinale et évolution de la maladie. Enfin, l’analyse s’arrête en 2021 et ne permet donc pas d’évaluer pleinement la récupération des programmes vaccinaux après la pandémie.
En conclusion, malgré les progrès majeurs obtenus au cours des trois dernières décennies, les maladies évitables par la vaccination restent responsables d’un poids important chez l’enfant et l’adolescent, avec des disparités persistantes selon l’âge, le sexe et le niveau socio-économique. Ces résultats soulignent l’importance de renforcer la vaccination périnatale et infantile, de développer la vaccination contre l’hépatite E dans les régions endémiques et de poursuivre les campagnes de rattrapage, notamment auprès des enfants n’ayant reçu aucune dose de vaccin.
Commented by : INTER/MED