Doctor Shopping

Le « doctor shopping » consiste en une attitude délictueuse consistant en l’obtention de davantage de prescription médicale que prévue par des chevauchements d’ordonnances ou la sollicitation de plusieurs médecins.


Cette étude conduite en 2016 à l’aide du Système National des Données de Santé par l’équipe INSERM de Marseille est transversale pour observer le comportement des médecins en France en ce qui concerne la prescription de méthylphénidate.63739 personnes ont été incluses et ont reçu 339,6 Kg de méthylphénidate.


- Les sujets qui obtenaient plus de 840 mg ont été définis comme ayant un comportement de « doctor shopping » lourd.

- Ceux qui obtenaient une dose inférieure ou égale à 840 mg méthylphénidate étaient qualifiés de « doctor shopping » légers.


- 0,3 % (216) avaient un comportement de « doctor shopping » lourd et étaient plus âgés (30 à 49 ans notamment)

- 0,5 % (313 dont 77 % ont moins de 17 ans) qui étaient « doctor shopping » légers.


Les 216 sujets « doctor shopping » lourd recevaient également plus de traitements associés antipsychotiques ou de maintenance aux opioïdes et avaient plus de prescripteurs, à savoir 4 versus 2 dans l’autre groupe.


Dans le contexte français où le méthylphénidate est peu utilisé, il existe une forte réglementation de la prescription et de la dispensation, ces résultats représentent un signal pour éviter de banaliser le méthylphénidate chez les adultes.

Il est à noter que le méthylphénidate utilisé dans le TDAH (trouble du déficit attentionnel et hyperactivité) a vu son utilisation augmenter dans de nombreux pays ces dernières années, à la fois chez les enfants et les adultes. Ayant des propriétés psychostimulantes, cette molécule partage de nombreux effets avec des substances connues pour leur fort potentiel d’abus comme la cocaïne et les amphétamines. Cependant, son utilisation thérapeutique par voie orale réduit largement ce risque.


- Aux USA, l’utilisation détournée de méthylphénidate est largement rapportée chez les étudiants cherchant à améliorer leurs performances et capacités cognitives et à la recherche d’effet euphorisant.

- En Islande, on retrouve un des plus forts taux de prescription et une utilisation intraveineuse élective chez des usagers de drogue.

- En France, la pratique de « doctor shopping » pour le méthylphénidate a été repérée depuis 2005 avec des cas d’utilisation intraveineuse signalées par l’Addictovigilance. Il s’agit de la seule médication indiquée dans le TDHA et la première prescription doit être hospitalière par un neurologue, un psychiatre ou un pédiatre. La prescription se fait sur ordonnance sécurisée pour une durée maximale de 28 jours et dispensée par un pharmacien désigné.


Le « doctor shopping » constitue donc un indicateur de détournement et d’abus.



Thomas Soeiro, Élisabeth Frauger, Vincent Pradel, Joëlle Micallef Fundamental & Clinical Pharmacology 2020; AOP: 10.1111/fcp.12612

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