Chemsex et addictovigilance

Est-ce que les réseaux de pharmacovigilance et d'addictovigilance possèdent les bons outils pour suivre les complications liées à l’utilisation des produits stupéfiants en France ? C'est un peu la question que je me pose et que les auteurs de l'article se posent.

Etat des lieux : le chemsex est une pratique qui consiste à la consommation de substances psychoactives dans un contexte sexuel. Plutôt présente dans les milieux HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) dont l'âge moyen se situe entre 30 et 50 ans. Les substances utilisées sont principalement la méthamphétamine, le γ‐hydroxybutyrate (GHB) et la ‐butyrolactone (GBL), la méphédrone, la cocaïne et la kétamine Les substances comme la cocaïne/crack et la méthamphétamine sont utilisées par voie intraveineuse et engendre des comportements à risque (séroconversion à l'hépatite Cet au HIV).


Dans le cadre du suivi des complications liées à la pratique du chemsex, les auteurs mettent en avant que : "les patients (pratiquant du chemsex) ne rentrent pas dans les parcours de soins habituels des usagers de drogues et n'ont donc pas accès à l'éducation à la réduction des risques ou à l'information sur les substances psychoactives"

  • Dans leur conclusion les auteurs écrivent, et c'est bien la le problème numéro un, que ces patients n'entrent pas dans les parcours de soins classiques et n'ont pas accès aux programmes de RDR.

  • Le deuxième problème qu'ils mettent en avant est le grand nombre de biais méthodologiques dans la déclaration des accidents ou des décès liés à la pratique du chemsex.

Notre formation initiale et notre pratique quotidienne nous préparent pas à la prise en charge ou plus simplement au dépistage des différentes typologies de consommateurs de produits stupéfiants. Le message général à faire passer à mes confrères et aux autres professionnels de santé est que l'addiction revêt de nombreux visages et qu'il faut arrêter de toujours catégoriser les patients.



Dr Bertrand Lego


Anne Batisse, Céline Eiden, Sylvie Deheul, Emilie Monzon, Samira Djezzar, Hélène Peyrière Fundamental & Clinical Pharmacology 2021; AOP: 10.1111/fcp.12725