Apport des paramètres ventilatoires postnataux précoces à la prédiction du pronostic pulmonaire chez les grands prématurés : une étude rétrospective monocentrique sur 168 prématurés
- il y a 19 heures
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Les grands prématurés nés avant 32 semaines d’aménorrhée sont exposés à un risque accru de syndrome de détresse respiratoire (SDR), dont le traitement par oxygène et ventilation constitue paradoxalement un facteur majeur de dysplasie bronchopulmonaire (DBP), pathologie aux lourdes conséquences respiratoires et neurodéveloppementales à long terme.
Si les corticoïdes postnataux peuvent réduire ce risque, leurs effets indésirables imposent de les réserver aux enfants réellement à haut risque, rendant cruciale une prédiction précoce et fiable.
Or, les outils traditionnels, comme la gradation radiologique du SDR ou les modèles pronostiques précoces existants, restent limités, notamment depuis la généralisation du surfactant en salle de naissance et de la ventilation non invasive, et prennent rarement en compte la pression moyenne des voies aériennes (Pmoy).

Dans une étude rétrospective monocentrique portant sur 168 prématurés d’AG < 32 SA, cette équipe allemande a montré que les modèles pronostiques classiques basés sur des facteurs cliniques initiaux (poids de naissance, sexe, corticothérapie anténatale) présentent déjà une bonne performance, mais que l’ajout de paramètres simples et précoces de ventilation et d’oxygénation améliore encore la prédiction, en particulier pour les formes modérées à sévères de DBP. Si la fraction inspirée en oxygène (FiO2) augmente surtout la sensibilité, la Pmoy apparaît comme le paramètre le plus pertinent pour améliorer la calibration des modèles, c’est-à-dire l’adéquation entre risque prédit et risque réel, dès les premières 24 heures de vie, sans bénéfice supplémentaire à étendre l’analyse à 72 heures.
En conclusion, ces résultats soulignent l’intérêt d’intégrer précocement la Pmoy dans les futurs modèles de risque, applicables aussi bien en ventilation invasive que non invasive, afin d’affiner les décisions thérapeutiques précoces et de mieux cibler les stratégies de prévention de la DBP chez les nouveau-nés les plus vulnérables.
Commented by: Dr Abel Hassoun