Quand la vessie se prend pour une lanterne


Il n’est pas toujours facile d’identifier des facteurs de déclenchement des symptômes de vessie hyperactive. Les auteurs évaluent de façon rétrospective, sur 18 mois d’observation, l’influence des troubles du sommeil et de la fatigue sur les symptômes urinaires de façon comparative dans un groupe de patients souffrant de symptômes de vessie hyperactive et dans un groupe contrôle sans signe urinaire.

L’incontinence à l’effort et les symptômes de vessie hyperactive ont été évalués sur la base de questionnaires validés, de même que l’anxiété, le stress et les troubles du sommeil. 51 patients malades et 30 patients contrôles ont été étudiés comparativement. Il y a une relation étroite entre les troubles du sommeil et la fatigue et la sévérité des symptômes de vessie hyperactive et/ou de l’incontinence urinaire. La relation entre les troubles du sommeil et les symptômes de vessie hyperactive reste peu claire. Les troubles du sommeil peuvent-ils être un facteur causal aux troubles urinaires ou les signes urinaires impactent-ils significativement la qualité du sommeil et l’importance de la fatigue ?

En effet, les troubles du sommeil et la fatigue peuvent mener à un stress psychologique et une forme d’anxiété qui peuvent aggraver ou générer des signes urinaires. Ces troubles sont à rechercher spécifiquement en cas de troubles du sommeil et de l’endormissement, afin d’optimiser leur prise en charge. Ainsi le traitement des signes urinaires de type irritatif pourrait améliorer le sommeil et inversement.

Les auteurs ont eu l’intelligence de rapprocher fatigue, troubles du sommeil, et troubles urinaires. Tous ces symptômes, surtout associés, sont fortement handicapants. Le praticien doit s’assurer des l’ensemble des troubles et proposer des solutions, qui ici ne semblent pas très faciles à trouver. Néanmoins, certaines pistes peuvent exister. Une personne porteuse de troubles urinaires peut chercher à en réduire les conséquences en se levant fréquemment la nuit pour vider sa vessie, plutôt que d’attendre la funeste fuite.

D’autre part, les troubles du sommeil, fréquemment liés à un SAOS/SAS génèrent de la fatigue et une contrôle moins facile de la fonction urinaire, peut-on penser. Nous pensons qu’une forte proportion de patients signalant des troubles du sommeil et/ou de la fatigue relèvent du SAOS/SAS. Une polysomnographie est nécessaire. Le SAOS peut recevoir un traitement efficace (orthèse ou CPAP). Le SAS d’origine centrale, c’est un peu différent, mais ne doit pas être négligé. Le traitement pourra améliorer le sommeil et réduire la fatigue. Aura-t-il un effet sur les troubles urinaires ? Cette étude reste à faire ! Félicitons les auteurs qui ont peut-être levé un gros lièvre.

Sleep Disturbance and Fatigue Are Associated With More Severe Urinary Incontinence and Overactive Bladder Symptoms; T. Jessie Ge, Joel Vetter, and H. Henry Lai. UROLOGY 109:67–73, 2017.

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