Deux ans de plus avec le régime méditerranéen


Depuis les années 1990 et l’émergence du régime méditerranéen, voire crétois, comme très bénéfique sur la santé, beaucoup de théories ont été développées sur les avantages procurés par certains types de régime. Par contre les approches médicamenteuses (statines..) ont fait l’objet de polémiques. Il n’est pas excessif, dans ce contexte, de recentrer le débat sur les vrais bénéfices de certains types de régime.

Ici, nous avons une étude sur une population scandinave où l’incidence et la prévalence des maladies et la mortalité cardiovasculaires sont très élevées. On sait que les premières études sur les statines, très positives, ont été menées sur ce type de population (scandinaves et écossais). Ici, l’étude est comparative et montre un bénéfice très ample portant sur la survie qui peut atteindre 2 ans. Mais elle souffre, comme souvent dans ces cas, de facteurs de confusion : les individus les plus amateurs de régime méditerranéen en Suède sont aussi ceux les plus soucieux de leur état de santé, etc… Et une telle étude menée dans des contrées plus méridionales serait-elle aussi décisive ? Sans doute. Dans les années 1990, les régimes décrits ici se sont montrés bénéfiques dans des populations françaises. Remettre sous les projecteurs de l’actualité des approches préventives diététiques est donc à la fois scientifiquement valide et potentiellement profitable à beaucoup de personnes.

Les effets bénéfiques du régime méditerranéen en termes de survie globale et de réduction des maladies cardiovasculaires sont bien documentés par les études épidémiologiques et les essais cliniques. Afin de mieux comprendre l’impact sur la santé publique du régime méditerranéen, une équipe de chercheurs suédois (Andrea Bellavia et al) a quantifié son impact sur la survie globale.

Pour cela, ces chercheurs ont utilisé les données de 71.333 hommes et femmes d'une cohorte suédoise, suivis de janvier 1998 à décembre 2012. Les participants ont répondu à un questionnaire de 350 items (données socio-démographiques, poids, taille, antécédents familiaux de cancer, consommation d’alcool et régime alimentaire). Parmi ces items 96 concernaient l'alimentation.

Un score de régime méditerranéen variant de 0 à 8 était calculé en fonction de la consommation de fruits, légumes, noix, céréales, produits laitiers, poissons, viandes rouges, d'huile d'olive ou de colza et d'une consommation modérée d'alcool.

Pendant les 15 années de suivi, 14.697 personnes sont décédées dont 4.153 de maladie cardiovasculaire et 3.544 de cancer. Les participants dont le score de régime méditerranéen était le plus élevé ont bénéficié d'une survie plus longue et d'une mortalité cardiovasculaire inférieure. Chaque augmentation du score d’un point était associée à 3 mois de survie supplémentaire (différence de percentile = 3 mois, IC à 95% : 2-4) et à une réduction de 4% de la mortalité global (HR= 0.96, IC à 95% : 0.95-0.97). La différence en termes de survie entre les participants avec des scores extrêmes (0 vs 8) montre un gain de survie atteignant presque deux ans (différence de percentile = 23 mois, IC à 95% : 16-29). La mortalité cardiovasculaire est réduite de 41% (HR=0.59 IC à 95%=0.48-0.72) pour les individus avec le score le plus élevé tandis que la baisse de la mortalité par cancer est diminuée de 10% de façon non significative (HR= 0.90 IC à 95% =0.74-1.10). L'ajustement sur le sexe, l'âge et le niveau d'éducation ne modifie pas les résultats. L'association s'avère plus forte chez les fumeurs.

En conclusion, cette étude permet de quantifier les effets bénéfiques du régime méditerranéen en termes de survie globale grâce essentiellement à la diminution des décès par maladies cardiovasculaires. La richesse en antioxydants et les propriétés anti-inflammatoires du régime méditerranéen représentent les principaux mécanismes biologiques qui sous-tendent ces bénéfices.

Bellavia A et al. Quantifying the benefits of Mediterranean diet in terms of survival. Eur J Epidemiol., 2016


© 2020

Mentions légales

S.A.S. INTER/MED Publishing

Publication réservée aux professionnels de santé

N° Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse : 0125 W 93328

N° de déclaration CNIL :  2117303 v 0

40Bis Rue Saint-Louis 93250 Villemomble

RCS 823 025 457 Bobigny

Société par Actions Simplifiée au capital social de 10.000 €

Hébergeur : WIX -  BP 40190 - San Francisco - CA 94140 -  USA