Diabétique de type 2 sous iDPP-4 : moins de risque d’amputation des membres inférieurs ?

Des études récentes ont montré les effets protecteurs vasculaires des inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4). Cependant, à ce jour, aucune étude à grande échelle n'a été réalisée pour déterminer l'impact des inhibiteurs de la DPP-4 (IDPP-4) sur l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) et le risque d'amputation des membres inférieurs chez les patients diabétiques de type 2.

Une analyse rétrospective a été conduite à partir d'une vaste base de données : la Taiwan's National Health Insurance Research Database. L'objectif était de rechercher une corrélation entre l'exposition aux inhibiteurs de la DPP-4 et le risque d'AOMI chez 164 338 patients (âge moyen, 58,9 ± 12,0 ans ; 54 % d'hommes) atteints d'un diabète de type 2, ceci sur la période 2009-2011. Deux groupes de taille égale ont été constitués et appariés selon les scores de propension et l'exposition à ces médicaments.

 

Au terme d'un suivi moyen de 3,0 années (maximum, 4,8 années), le diagnostic d'AOMI a été posé chez 3 369 patients exposés aux médicaments, versus 3 889 chez les non exposés. La comparaison entre ces deux groupes a révélé que la prise d'un IDPP-4 était associée :  à un risque plus faible d’AOMI (Hazard ratio, HR 0,84 ; intervalle de confiance à 95 %, IC, 0,80-0,88) et à un moindre risque d'amputation des membres inférieurs (HR 0,65 ; IC, 0,54-0,79). Ces associations ont été retrouvées dans diverses analyses de sous-groupes constitués en fonction de l'âge, du sexe ou encore des comorbidités et de la sévérité des troubles de la glycorégulation.

 

Cette étude rétrospective de grande échelle est la première à démontrer l’hypothèse d'un effet vasculoprotecteur des IDPP-4 chez les patients atteints d'un diabète de type 2. Les iDPP-4 diminuerait le risque d'AOMI et d'amputations. Il faudra confirmer cette hypothèse par des études prospectives, randomisées et contrôlées.

 

La sécurité cardiovasculaire des iDPP-4 a été testée de manière extensive, et dans l’ensemble a été confirmée, sauf pour la saxagliptine qui engendre un sur-risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (de 27%). Il s’agissait d’essais portant principalement sur les événements cardiovasculaires majeurs, tels que les infarctus du myocarde, les AVC, les décès d’origine CV. L’essai de Chang et coll. porte sur l’apparition de signes d’AOMI et les amputations liées à ces occlusions artérielles périphériques. Or, c’est un enjeu fondamental du diabète, première cause d’amputations, source d’aggravation métabolique, de handicap et de coûts sévères pour le système de santé.

 

Les résultats de cette étude permettent de considérer sans crainte artérielle (et au contraire) une nouvelle classe d’ADO, les iDDP-4. Cela étant, l’essai s’est déroulé sur des patients DT2 au phénotype différent des occidentaux et il serait intéressant de s’assurer qu’il est transposable au phénotype caucasien et afro-américain, africain, etc… Reconnaissons cependant que les éléments issus de cet essai sont très favorables aux iDDP-4, sans oublier qu’il y a un doute sur l’effet de classe.

 

 

 

 

 

Références : Chang CC et al. : Dipeptidyl Peptidase-4 Inhibitors, Peripheral Arterial Disease, and Lower Extremity Amputation Risk in Diabetic Patients. Am J Med., 2017 ; 130 : 348-355.

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